Portrait photo Quentin Mourier

BIOGRAPHIE DE QUENTIN MOURIER

Une image qui dit beaucoup de Quentin Mourier, 29 ans, mort sous les balles au Bataclan, ce sont ces plantations hors sol, feuillages au vent sur le toit de la Cité de la mode, qu’il avait imaginées avec son association Vergers urbains. Ces herbes rebelles, potagers, poulaillers, jardins, fermes éducatives, il en avait semé un peu partout dans Paris et dans les villes alentour, passionné d’agriculture urbaine.

Quentin Mourier a grandi dans un petit village du Haut-Rhin, Rustenhart. Une mère comptable, un père employé dans une usine de papier et un petit frère, Valentin, 15 ans, qu’il adorait. Diplômé de l’Ecole d’architecture de Versailles, «il était passionné par la recherche, plus appliqué à la construction de la ville qu’à la construction tout court», dit son ami Matthieu. «C’était un rêveur conscient, engagé socialement. La tête dans les étoiles mais les mains dans la terre, complète David, un autre de ses inséparables. Pour Quentin, l’architecture n’était belle que si elle permettait de belles relations entre les gens.»

Après deux années passées à l’Atelier international du Grand Paris, un passage par le département «recherches» des Architectes et Ingénieurs associés (AIA), Quentin Mourier avait décidé de monter avec ses amis Emmanuel et Maximilien sa propre structure. Il l’avait baptisée «atelier Bienvenue». Terrain d’action : les friches et quartiers défavorisés, dans lesquels il souhaitait mener conjointement des projets d’agriculture urbaine et de réinsertion sociale. Pour sa thèse, qu’il devait achever prochainement, il avait choisi le thème de l’hospitalité. Sa recherche se concentrait sur la ville de Detroit, aux Etats-Unis. Quentin Mourier voulait montrer comment les habitants se réapproprient des quartiers délaissés, transforment l’hostile en hospitalier. «Le cœur de son travail, c’était que toute situation hostile porte en elle les germes d’une hospitalité», dit David.

«Quentin était tellement ouvert aux autres, il avait tellement de curiosité que parfois il se retrouvait charrette parce qu’il avait rencontré quelqu’un et s’était laissé entraîner dans quelque chose qui n’était pas prévu», raconte Guillaume, un ami d’enfance. «C’était un généreux, un humaniste, mais pas un naïf, rajoute Matthieu. Un amoureux de la musique, peu importe les styles. Un découvreur de nouveaux sons qui faisait partager sa curiosité à ses amis.»

Quentin Mourier avait joué du souba, un des plus gros instruments à vent, dans la fanfare de son école, les Jacky Parmentier. «Il aimait la fête, accueillir des amis chez lui, il aidait beaucoup de gens», dit encore David. Dans le logement de Montreuil qu’il partageait avec Blandine, sa compagne, les tablées étaient joyeuses et les conversations sans fin.

Living Roof, Vergers Urbains, 2015 © Florian Bérenguer
Living Roof, Vergers Urbains, 2015 © Florian Bérenguer
Living Roof, Vergers Urbains, 2015 © Florian Bérenguer
Living Roof, Vergers Urbains, 2015 © Florian Bérenguer

Living Roof, Vergers Urbains, 2015 © Florian Bérenguer